Category Archives: Techniques

OuLiPo

Le numérique offre des supports pour produire des écrits des photos et des
films. Gagner de l’argent tout en utilisant des technologies qui permettent une
diffusion massive est le casse-tête auquel les producteurs ont dû faire face.
En ce qui concerne le livre, présenter des livres à l’aide de ces nouveaux formats
a paru suffisant pour que l’on parle de livres numériques. Dès l’instant où un
livre est présenté sous ce format ou bien même dès l’instant où le mode de
diffusion emprunte la voie du commerce en ligne on parle de livre numérique.
Le livre numérique n’offre aucune qualité supérieure par rapport au livre papier.
Il aura même une qualité très inférieure le jour où il sera mis à la disposition du
lecteur avec une durée de vie limitée comme c’est déjà le cas pour certaines cartes
marines … Je garde précieusement mes livres et mes cartes en papier. L’odeur est
détestable, mais la décision de leur obsolescence m’appartient.
Parler de livres numériques résulte de diktats imposés par des entreprises en
situation de quasi monopole. Ces entreprises utilisent une position dominante pour
rentabiliser au mieux un marché. En ce qui concerne la littérature, celle-ci se
trouve aujourd’hui lourdement apauvrie quand le souci premier n’est plus la qualité
ou l’orignalité d’une oeuvre mais sa capacité à faire le buzz et à générer du
chiffre d’affaires. Dans cette opération l’auteur est le parent pauvre quand sa
part ne dépasse pas 6% du prix du livre :
Editions Humanis : “Combien gagne un auteur ?”
En 1960, l’OuLiPo, “”, fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais, se
confrontait à la recherche de nouveaux langages, à une nouvelle façon de concevoir
la littérature :
Ouvroir de Littérature
Potentielle

Même si c’est un peu court, il semble que la division du travail a abouti à une
spécialisation dans les tâches qui condamne le mélange des genres. La production
de jeux et de programmes débouchant sur un marché se fait dans un cadre qui est
celui d’une spécialisation par produits et par pays.
Y a-t-il encore une place pour une nouvelle façon de concevoir la littérature ?
La réponse que j’apporte sur cette question n’est pas un discours sur le concept,
mais la mise en ligne d’un travail patient et de longue haleine.

Html et xml

Écrire un programme dans un langage est une forme de communication soumise à des standards impératifs et universels, pour aboutir à une production dénuée de toute référence sensible ou culturelle. Par contre, écrire pour une publication destinée à internet donne l’opportunité d’une publication dans différentes langues. Publier dans différentes langues est techniquement facile. La difficulté est évidemment d’écrire dans des langues autres que celle que l’on a acquises à la naissance. En ce qui concerne les langages, leur apparition comme véhicule de la communication date des années 80, auparavant le langage informatique est réservé à des ingénieurs spécialisés dans des techniques où la maîtrise du matériel est prépondérante. Apparus avec internet, html et xml, sont les cadres nécessaires à la transmission de l’information.

Ce sera Xampp !

Long temps j’ai utilisé WAMP comme localhost. Proust aurait choisi de commencer ainsi son roman s’il avait vécu aujourd’hui. Je suis libre de le croire mais la démarche d’écrire à pour particularité de nécessiter un isolement pour se livrer à des jeux qui permettent d’observer le monde avec le détachement nécessaire. Dans le domaine de l’écriture mon ambition d’égaler Proust s’arrêtera là. Mon œuvre est de nature différente puisqu’elle est fondée d’abord sur une écriture qui procède de l’utilisation de ces drôles de machines qui ont parmi diverses fonctions celle de doter notre cerveau de béquilles.
Longtemps j’ai écrit mais surtout longtemps j’ai effacé. Depuis plus de dix ans je polie mon grain de sel pour le transformer en joyau. Si je n’avais pas disposé de tout ce temps passé au mouillage dans différents ports et autres magnifiques lagons je n’aurai pas persisté dans cette démarche un peu vaine qui consiste à réécrire toujours la même phrase comme Jack Nicholson dans “Shining”.
Je recommande le mouillage pour la production informatique. J’ai eu cette révélation dans la baie de Cook sur l’île de Moorea où j’ai connu des heures délicieuses en partageant mon temps entre la réparation du moteur de mon annexe et l’écriture ure d’une application comptable en ASP. S’enfermer dans un cockpit pour écrire des pages de code dans un tel décor est une des expériences les plus marquantes de mon existence. sans doute parce qu’il s’agit d’une expression extrême de de la liberté. Les pentes qui surplombent le lagon donnaient à l’eau une couleur d’un vert profond. Le vert se teintait de bleu lorsque je tournais mon regard vers l’entrée du lagon bordée de plages de sable. Plonger depuis le bateau pour s’immerger dans cet univers … tant de bonheur après une astreinte à une besogne que vous pourriez supposer aride génère chez moi un plaisir si extrème …
J’ai écrit quelques textes mais j’ai toujours essayé de les présenter dans un moule qui était le mien. WordPress est une exception. Jusqu’alors j’ai ulisé WordPress sans en disposer sur mon localhost. Mes amours me portant vers XML je m’étais dérourné des bases de données.
Mon œuvre littéraire se prépare depuis trop longtemps. “Qu’importe le vase pourvu qu’on ait l’ivresse ?” Ayant été nourri au sein de la technologie j’ai choisi de ne pas négliger le vase et plus qu’un vulgaire pot dans lequel j’aurai pu déverser mes phrases je me suis employé à réaliser l’écrin dans lequel j’allais pouvoir disposer mes phrases. Tout ça pour ça ? Tout ce travail pour en venir à utiliser une application écrite par d’autres ? Que nenni ! Mes structures XML sont prêtes, mon code Javascript a étê patiemment élaboré, mon PHP progresse. J’ai constitué mon capital, il est stocké sur mon disque dur, il se situe également dans les replis de ma mémoire. Il a été construit par toutes ces heures passées à reprendre toujours et encore l’écriture d’une fonction pour lui donner la parfaite exactitude. Il a été construit à partir des sites où un peuple élu confronté ses avis sur les possibilités du code. Je suis développeur plus qu’écrivain. Qui m’aime me suive !
Donc WordPress fonctionne sur mon Asus en localhost. Facile ? Douloureux ! Jusqu’alors j’avais utilisé Wamp. Avec Windows 10 son installation s’est révélée problèmatique. J’en suis revenu à Easyphp. Satisfaisant, mais un passage obligé par Easyphp warehouse m’a coûté 10$ pour accéder à des applications impossibles à installer. J’ai ensuite fait un détour par IIS qui m’a embarqué vers l’installation d’une usine à gaz. Cette démarche a eu le mérite de démonter les limites de mon petit portable à 200 euros et j’ai du restaurer Windows 10. J’ai finalement compris que la meilleure stratégie pour éliminer les nuisances d’IIS consistait à lui donner toute sa place pour l’éradiquer ensuite. Merci aux auteurs du site wpmudev.org pour l’article “How toi install Xampp and WordPress locally on PC/Windows”, qui est utile même s’il n’est pas suivi à la lettre.
Lorsqu’on navigue dans ce labyrinthe on comprend bien que se jouent là des intérêts concurrents de grandes entreprises dont la puissance repose sur la détention de quelques clés. On peut comprendre que leur première préoccupation ne soit pas de rendre ce monde transparent. Enfin ma boîte noire est prête !
Mon premier ordinateur marquait une rupture avec un monde dans lequel il était impossible d’utiliser la même disquette sur deux micro-ordinateurs différents. J’ai cru alors que MSDOS allait devenir le premier standard mondial. J’ai compris depuis que le seul standard était l’argent et il est toujours aussi difficile de brancher la prise d’un ordinateur fabriqué en Europe dans une prise étangère. Pourtant la mondialisation devrait être faite pour nous ?

Jean-Max Thuille

Sans le latin ? Travailler le code et l’enseigner.

“Sans le latin !?” J’ai ajouté à mon titre ce point d’exclamation horrifié suivi du point d’interrogation stupéfait du correcteur de copies pour bien marquer la circonspection avec laquelle j’entends aborder mon sujet. Car ma question est en fait celle-la : “Faut il enseigner l’informatique plutôt que le latin ?” La question est iconoclaste.Pour ma part j’ai appris le latin sur les bancs de l’école. Mes parents, le fils du maréchal ferrant et la fille de l’instituteur, avaient réussi grâce aux efforts qu’ils avaient déployés sur les bancs de l’école. Ils appartenaient à la méritocratie et ils me passaient le flambeau. J’avais conscience de bénéficier de privilèges extraordinaires. Outre celui d’être venu au monde dans une partie du monde appartenant au monde développé, j’héritais d’autres privilèges considérables. Né dans un pays riche de son histoire, de sa culture et de ses traditions, je devais à mon tour assimiler toutes les connaissances qui feraient de moi un citoyen cultivé. Nanti de tous ces privilèges, j’en venais à me demander s’il était bien juste de les accepter. D’autres que moi avaient peut être plus de mérite pour les obtenir. S’ajoutait à cela un goût pour la rêverie et peu de discipline au travail, pour faire de moi un élève très moyen. Au moins en latin j’ai été bon élève. Puisque la réussite en latin permettait de distinguer les bons élèves, je délaissais d’autres matières pour parvenir a l’excellence dan mes versions et dans mes thèmes. Aujourd’hui un doute subsiste : n’aurait-il pas été plus utile d’apprendre une langue vivante ? Car de toutes ces heures passées en de laborieuses traductions, a part le Rosa rosa rosam chante par Brel, il ne m’est pas reste grand chose
A l’heure de la mondialisation je parle anglais mais je trouve mon cerveau un peu lent pour apprendre l’espagnol. Bien sur j’ai appris l’allemand mais avec les allemands on se comprend bien mieux en anglais. D’ailleurs si j’ai appris l’allemand c’est parce que c’était le gage de l’entrée dans les bonnes classes du lycée. Ceci m’amène à une autre question iconoclaste : n’y aurait il pas une constante dans les choix d’apprentissage des langues qui nous amèneraient à recevoir un enseignement des langues des pays qui nous ont dominé : les allemands après les romains (a l’exception bien sur du petit village d’Asterix) dans les domaines économique et guerrier. Puisque nous sommes en Europe, mais dans un pays latin il me semble que j’aurais du apprendre l’espagnol ou l’italien car il y a des pays ou les espagnols ne parlent pas le même anglais que moi. Et puis pourquoi faudrait-il vraiment parler anglais et utiliser des dollars pour exister dans ce monde ?
J’en reviens à mon sujet. En 1997 j’ai créé Partage Micro. J’enseignais la gestion dans un lycée nantais et ce sont les étudiants en BTS informatique de gestion qui ont utilisé le cadre de l’association pour prodiguer des cours sur HTML. C’est à ces étudiants que je dois mon initiation au langage de balises et je les en remercie ici.

En 1999, j’ai quitté Nantes pour Papeete. Après avoir échappé à la météorite que nous avait prédit Paco Rabanne, au naufrage de l’Erika, à la tempête de fin décembre 1999 et au bug de l’an 2000 j’ai travaillé a la présentation du site Web du Lycee Paul Gauguin que je retrouve avec émotion aujourd’hui dans une version plus moderne.

Faut-il apprendre HTML ? La question devrait plutôt être : sera t’il encore possible d’apprendre HTML. Conserver une culture informatique c’est composer avec une dépossession. J’ai tout oublié de MSDOS et si je me réjouis de pouvoir encore écrire des programmes avec un bloc notes, il me semble bien qu’il y a quelques clouds à l’horizon. Peut être vaut-il mieux ne pas consacrer trop de temps a HTML aujourd’hui. Il est souhaitable de passer à CSS et à XML …

En juillet 2004 quand j’ai quitté Tahiti sur mon voilier “Maraamu”, j’ai laissé derrière moi le confort de la prise de quai et avec un ami nous avons échangé ma télévision contre un frigidaire 12 volts. Depuis cette époque je continue à apprécier les avantages que j’ai obtenus de ce deal. Comme je passe le plus clair de mon temps a contempler les flots, j’échappe a la fascination télévisuelle mais lorsqu’il m’arrive de me retrouver confronté a cet objet je demeure interdit aussi bien par la richesse des contenus que par l’énorme quantité de bêtises diffusées sur d’innombrables chaînes. Le plus souvent je reste à l’abri de cet instrument essentiel de l’accoutumance au bruit et à la fureur, de cette étrange lucarne qui formate. Une conviction s’est affirmée en moi : il faut en revenir aux fondamentaux. Durant une veillée au coin du feu je clique et le grand Brassens prend sa guitare pour traiter les questions d’importance et les paroles de “Tempête dans un bénitier” me reviennent comme une antienne. Apres les tempêtes de l’ancien régime, “la fête liturgique”, le “mystère magique”, “le rite qui nous envoûte”, résident aujourd’hui dans cet instrument fabriqué dans un langage qui nous est étranger par des gens dont nous ignorons le plus souvent la langue.

Pourquoi enseigner l’informatique plutôt que le latin ou le grec ? Oui, en fait, la seule question qui importe n’est elle pas de fabriquer des têtes bien faites ? Ne suffit-il pas de trouver le sujet qui servira de prétexte à cette magnifique industrie ? Pourtant, même si l’on considère que l’enseignement doit donner la priorité à une économie de moyens, on comprend aujourd’hui que cette question n’a plus de sens. D’abord parce qu’il ne suffit probablement pas d’affecter les moyens du latin à l’informatique pour faire progresser cet enseignement, mais surtout, parce que ces enseignements sont évidemment de nature entièrement différente. Ils ont un point commun: ils sont la liturgie de leur époque. Comme il est le résultat ultime de la division du travail, l’ordinateur a pour devenir d’être un objet incompréhensible en dehors de la division du travail.
Le numérique désigne aujourd’hui tous ces appareils au design séduisant parés d’une aura de progrès et travestis de slogans marketing. Il est dangereux d’ouvrir la carrosserie de ces objets produits par des sorciers détenteurs de pouvoirs magiques. On oublierait presque que leur fonctionnement repose sur l’exploitation d’une information simple : le courant passe ou bien il ne passe pas. Lorsque nous utilisons cette formule pour rendre compte de la communication avec autrui, nous traduisons par un raccourci un ensemble considérable de perceptions à la fois physique et psychologiques. Ce courant qui passe c’est sans doute la petite lumière qui vient s’allumer dans quelque endroit très intime, dans les replis de notre cerveau et nous résumons tout cet ensemble d’impressions par ce courant qui passe, quelque chose comme un “globalement satisfaisant”.
Il y a dans toute langue une richesse de nuances qui signale l’expression écrite ou parlée comme le pur produit de la pensée. La richesse d’une langue ne peut se comparer qu’à celle d’une autre langue et en dehors de la naissance seules des circonstances exceptionnelles pourront faire que nous maîtrisions plus d’une langue.
En regard de cette richesse le code informatique parait d’une pauvreté affligeante. Au départ ce n’était qu’une succession de ‘0’ et de ‘1’ qui par la manipulation laborieuse des registres de mémoire permettait de réaliser un nombre restreint d’opérations. Ce qui est contenu aujourd’hui dans nos ordinateurs est de nature différente. C’est du travail cristallisé.
Nous comprenons aujourd’hui toute la puissance que revêt ce travail mort. Il est contenu dans les puces électroniques que nous utilisons, mais pour autant il ne reste pas figé. Le premier pas qui a été franchi par le code lui a permis de dépasser un alignement de ‘0’ et de ‘1’ pour permettre l’exécution de programmes suivant des procédures simples décrites par des organigrammes. Le langage informatique n’a cesse de se développer. Pour faire court, le passage à l’algorithme a permis le développement de programmes utilisant des langages toujours plus nombreux et plus puissants. Qu’y a t’il de commun entre un langage et une langue ? Pas grand chose :
– La priorité d’un langage informatique est de faire. Il n’est pas destiné à dire. Il est le contenant et non le contenu. Par contre si la puissance de ses capacités à faire s’étend, il peut prétendre envahir la sphère de la langue lorsqu’il permet de traduire.
Le langage informatique est universel et il se développe selon des critères qui sont uniquement pragmatiques. Pour qu’un langage se développe il faut qu’il soit puissant c’est à dire que l’on pourra faire beaucoup d’actions avec peu d’instructions.
Et enfin le langage informatique est soumis à une évolution rapide parce qu’il s’agit de répondre à un objectif d’efficacité et parce qu’il est universel.