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Elle lui dit qu'elle l'aime

Olga me dit qu’elle m’aime et je sais parfaitement que c’est faux. Je sais qu’Alice m’aime vraiment, elle pas besoin de me le dire. Alice a une façon d’agir à mon égard qui rend tout discours inutile. Chez Olga l’usage immodéré du mensonge me déconcerte. Olga me dit qu’elle m’aime et je veux la croire, alors que je sais parfaitement qu’elle me ment. La vérité est infiniment triste : ce qu’Olga aime chez moi c’est l’image valorisée de sa personne que je lui renvoie. C’est une affection assez étrange, mais bien réelle cependant. Olga sait bien ce qu’il en est réellement, mais elle trouve des arrangements, elle accommode sa sincérité, elle pourrait sans doute dire que nous nous aimons sur des bases différentes. Je connais parfaitement les moindres détails de son corps et j’aime passionnément ses formes. J’aime ses formes, ses attitudes et son sourire. Je fais l’impasse sur une masse d’inculture et d’ignorance. J’aimerais encore en être sûr. Les qualités plastiques sont indéniables. Il y a tout de même quelques limites quand on abandonne d’indéniables qualités esthétiques pour aborder la subtilité du raisonnement et l’étendue de la culture. Cette mécanique là a un fonctionnement rudimentaire, basé sur une pratique très élaborée de la séduction. Le piège qu’elle me tend est assez grossier. En fait c’est assez simple et tout le travail se fait en surface. L’esthète est fasciné mais il se garde d’explorer davantage, tant il sait qu’il n’y a qu’un grand vide derrière les beautés de la surface. Mes doutes sur la sincérité d’Olga restent présents en permanence. Je sais combien cette relation est superficielle et je sais qu’il faudra bien déchirer le voile pour rompre avec une mauvaise habitude. Comment en suis-je arrivé là ? En fait je n’ai aucun goût particulier pour les relations multiples. Cela s’est fait ainsi.

Le café est au bout de la rue